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par hasard, je viens de relire CECI
et la vague qui m'emporte est terrible...
13
Il y a tout juste 13 ans, par une belle journée de Mai, j'ai rencontré pour la première fois les membres d'une famille qui allait devenir la mienne... Celui qui allait devenir mon compagnon, mon chéri, mon partenaire, le père de ma fille je l'avais déjà rencontré à plusieurs reprises mais je ne peux pas dire que nous nous étions jamais beaucoup parlé. Cette nuit-là, installés à plusieurs autour d'un grand feu qui brûlait dans une brouette nos regards se sont croisés, éclairés peut-être par les flammes, troublés peut-être par quelques gin tonic de trop, je ne sais plus très bien, nous nous sommes rapprochés et ce furent les premiers instants...
C'est un anniversaire un peu étrange que nous n'avons pas célébré. Je me rends compte que mon billet précédent était trop peu clair, je m'en suis seulement rendue compte en lisant les chaleureux commentaires déposés ici. Là où l'on pouvait imaginer une réconciliation se trouvait en fait les prémices d'une séparation. Depuis les heures se succèdent parsemées de larmes.
et puis... après...
Je n'imaginais pas déposer ici des choses aussi personnelles, aussi intimes que celles écrites ce derniers temps mais quand rompre le silence devient vital il faut bien se faire violence. Refuser de se voiler plus longtemps la face, prendre les choses à bras-le-corps, arracher les explications et se forcer soit même à exprimer tout ce qui hante depuis si longtemps. Beaucoup de larmes et de désespoir mais le désir très fort de retrouver la lumière, essayer de retrouver la confiance l'un envers l'autre et se dire que cette petite fille si merveilleuse est un fil très solide qu'il faut préserver... regarder devant soi même si la vue est troublée par tant de larmes et se promettre que nos mains ne se lâcheront pas même si ce ne sera sans doute plus jamais comme avant...
avancer la trouille au ventre vers l'inconnu mais avec le profond espoir que demain sera meilleur...
Tenir bon
En vérité au coeur de tout cela, il y a "juste" l'envie et le besoin de savoir qui je suis et ce que je veux... ça tient en quelques mots mais c'est loin d'être simple surtout que l'idée n'est pas juste de se poser dans un fauteuil et de se dire "ben oui tiens, c'est comme ci et comme ça et puis voilà... " Je n'ai jamais été une impulsive qui part en claquant la porte, même si c'est vrai il y a peu c'est bien ce que j'ai fait... mais justement je veux être cohérente avec moi-même. Et parce que chez moi les grandes décisions prennent du temps, j'essaie malgré les circonstances actuelles et les souffrances endurées d'y voir clair pour faire un vrai choix... si possible... j'espère juste ne pas y laisser trop de plumes... Je ne suis pas encore prête à lâcher sa main alors on verra bien, j'avance et on verra bien...
Les poisons du quotidien
Les messageries instantanées, les sms que l'on envoie par dizaine, ces petits fils si précieux qui nous reliaient malgré les kilomètres et les décalages horaires, ces instants magiques d'une petite fille qui embrassait son papa en apposant ses petites lèvres sur l'écran...
Ces petits fils si précieux tu les as petit à petit fait courir vers une autre, le jour et la nuit ils vous ont attachés l'un à l'autre, et naïvement je me suis laissée abuser par les mensonges. Et puis sans vraiment le vouloir j'ai tiré sur l'un de ces fils et je me suis retrouvée prise au piège, comme une toile d'araignée empoisonnée dont je ne parviens pas à me détacher... Le poison s'est déposé sur ma peau et rapidement il a envahi mon corps... il est là, je le sens, le poison de la jalousie et de la suspicion, dans mes veines il s'écoule, dans ma tête il se diffuse, tantôt comme un jet continu qui se propage et me maintient en état second tantôt comme une pierre qui s'abat sur moi et me laisse à moitié assommée.
Les mots lus dansent dans ma tête chaque fois aussi violents... et vous êtes là l'un et l'autre occupés à être là l'un pour l'autre et je me meurs de le savoir, de l'imaginer encore et encore, c'est écrit sur ton téléphone, c'est écrit sur ton ordinateur, c'est écrit sur ton visage et sur ta peau, et je n'ai nul besoin de les lire pour les voir encore et encore... car il est bel et bien là, je le sens, le poison de la jalousie et de la suspicion, dans mes veines il s'écoule, dans ma tête il se diffuse, tantôt comme un jet continu qui se propage et me maintient en état second tantôt comme une pierre qui s'abat sur moi et me laisse à moitié assommée.
Trou noir
Une fois la petite fille couchée et endormie je me suis installée sur le canapé devant une série quelconque parce que je ne voulais pas m'endormir trop vite et aussi peut-être en attendant son retour du cinéma... J'étais tellement fatiguée que finalement je me suis endormie, écrasée par la fatigue. Et je me suis réveillée alors que la nuit noire, silencieuse et angoissante est là autour de moi, je me suis réveillée il y a peu presque en sursaut, désorientée et je m'en veux une fois de plus de ma naïveté... Au fil des découvertes, des mensonges révélés et des dissimulations, je m'étonne de n'être toujours pas capable de renoncer, mais quand cesseront donc les larmes et le chagrin, quand ressentirais-je enfin la colère et le sain désir d'aller me reconstruire ailleurs...? Est-ce encore l'amour, est-ce la peur de le perdre, est-ce la peur d'être seule ?
C'est comme un méchant trou noir dans lequel je suis tombée, j'ai la douloureuse sensation d'être complètement perdue chevillée au corps et je ne sais où aller...
histoireS de trahisonS
Au beau milieu de la confusion, il y a quand même des instants de lucidité, remonter le fil de sa vie et essayer de comprendre les pourquoi et les comment et peut-être mieux comprendre, peut-être ou peut-être pas, pas toujours en tout cas ou alors pas encore... bref...
A 17 ans j'ai rencontré le premier amour, à l'époque j'aurais volontiers dit LE grand, mais emportés par la vie à deux nous avons parcouru les années et quand j'ai eu 30 ans il est parti, sans explication... je sais pourquoi, enfin je crois le savoir parce qu'en fait il ne me l'a jamais dit...
Quelques années plus tard, mon amie, ma "presque" soeur m'a asséné les pires reproches de ma vie dont je ne ferais pas la liste ici mais je suis sortie de là ravagée... parce que les ruptures amicales peuvent faire autant de mal que les ruptures amoureuses... j'ai pardonné mais les blessures sont toujours là et je ne la voie plus.
Il y a eu une autre blessure amicale depuis, qui m'a énormément marquée et qui a sans doute joué un rôle non négligeable dans mes "difficultés" actuelles, dans l'isolement qui m'a tellement privée d'air et de vie. Par égard pour elle je ne citerais ni son nom ni les détails de cette histoire mais le chagrin des uns même s'il est immense et profond n'autorise pas à violenter les autres... Et même si nous n'étions pas des amies très proches j'ai quand même pris une sacrée claque.
Et puis aujourd'hui... ben aujourd'hui voilà...pas envie de faire une liste de reproches mais ça fait très mal aujourd'hui encore...
Et je me demande pourquoi les gens que j'aime finissent par me trahir... pas tous c'est sûr mais quand même l'étendue de la trahison se mesure à celle de la confiance accordée... j'ai mal, très mal et au fond de moi il y a une petite moi qui se sent terriblement seule et vulnérable et ça même quand je suis entourée...
(merci des messages, et oui, j'ai refermé ma main autour de celle de ma fille et je ne la lâche pas et je peux vous confier que je suis particulièrement fière d'elle, de son courage et de sa volonté... même si ma petite lionne, des fois j'aimerais bien qu'elle rugisse moins fort ;o)
Au coeur de la nuit
Se réveiller au beau milieu de la nuit, et se retrouver emportée par un raz de marée de larmes, avec la peur du vide et de la solitude au creux du ventre, laisser passer la tempête et se retrouver échouée au beau milieu du grand lit vide...
Je me dis que finalement tout le monde s'en fout de ce que je peux bien écrire ici, enfin ce n'est pas complètement vrai mais il faut croire que les mots de réconfort bienvenus et précieux ne suffisent pas...
Il y a deux semaines je suis partie... tellement meurtrie par les mensonges et les trahisons j'ai basculé dans le vide, les larmes et le chagrin m'ont poussée hors de ma vie et je me suis enfuie. Marcher seule et vite pour partir loin, prendre un train pour une ville connue et une maison amie et en même temps se dire que l'on veut partir pour de vrai, pour très loin, pour toujours... imaginer la lettre que l'on laissera à la petite fille pour lui dire que l'amour sera toujours là... et se sentir partir...
Je suis revenue finalement parce que les mots semblaient sincères et la main tendue vers moi semblait prête à me retenir vraiment... mais voilà... ce qui est vrai est également faux... et même si des choses ont été dites, même si elles étaient belles parfois, et même si tous les fils ne sont pas coupés, les blessures sont profondes... l'amour est parti voir ailleurs... Et même si sa main n'a pas encore complètement lâché la mienne, même si son corps n'a pas encore oublié le mien, je sens bien qu'il n'est plus tout à fait là... qu'il est déjà un peu ailleurs... même s'il n'est pas non plus complètement parti...
Depuis je tente de me relever, puis je retombe, je m'abandonne entre les bras qu'il ouvre pour moi, puis il me repousse, l'espoir en une vie meilleure semble se faufiler en moi, puis le vent du désespoir et de la solitude emporte tout au loin. Je tente de faire face jour après jour, heure après heure, minute après minute, seconde après seconde, comme des pas de fourmi, je suis perdue au milieu de nul part mais j'essaie de ne plus lâcher la main de ma fille... et de faire face...
Je crois que j'ai besoin d'une péridurale...
C'est un fait je ne suis pas enceinte mais certaines périodes de la vie pourraient faire penser à un accouchement, une mutation, un peu comme ICI... mais même si certaines mises au monde peuvent sembler longues, je crois qu'en ce qui me concerne le terme va mettre longtemps à venir... comme si depuis des mois je ressentais des contractions et comme si le travail avait commencé il y a quatre semaines... des vagues de douleurs immenses qui traversent mon corps et me laissent vidée, épuisée par la souffrance et les larmes... à chaque fois l'impression même confuse et même incomplète d'avoir avancé mais bon sang qu'est-ce que ça fait mal... comme un accouchement c'est vrai, comme une nouvelle vie qui naît mais au milieu de tant de souffrances... sans doute la période la plus complexe et la plus douloureuse de ma vie, l'occasion de dire enfin tous ces mots/maux qui ont progressivement envahit ma tête et mon corps au fils des années...
Je crois oui que j'aurais bien besoin d'une péridurale, d'une aide extérieure qui atténue au moins un peu toutes ses souffrances...
Reprendre son souffle
Tellement de larmes versées encore et encore, se sentir vaciller presque jusqu'à la chute ultime... Partir et finalement revenir mais la route est longue, très longue, et même s'il tend la main vers la mienne, même si la petite main se glisse dans la mienne, le but est terriblement incertain et les blessures profondes. Que dire je voudrais pouvoir tout déposer ici pour repartir le coeur léger ou simplement moins lourd mais ce serait bien trop douloureux de voir ainsi les choses inscrites noir sur blanc (blanc sur noir plutôt)...
Je sais je suis confuse mais encore bien moins que ne l'est ma vie...
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Le ciel est bleu, et la plupart du temps les températures sont plutôt douces, les arbres commencent à fleurir et il y a comme un air de printemps mais c'est comme si l'hiver refusait de quitter ma tête et mon coeur. Rien de nouveau à mon horizon et c'est peut-être bien le problème, les coups durs de ces derniers mois, la peur d'être à nouveau déçue et blessée semblent avoir eu raison de mes forces... Je continue ma route bien sûr, je ne suis pas seule bien sûr mais je me sens tellement désemparée et vidée...



